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Plante des montagnes : Le Génépi

De la plante médicinale au digestif

Enivré par les doux effluves émanant de la dive bouteille posée sur la table à la fin du repas, on a parfois tendance à l’oublier : avant d’être une liqueur, le génépi est d’abord une plante de haute-montagne. En France, on la trouve principalement dans les Alpes – elle est plus rare dans les Pyrénées. Son nom latin est artemisia genepi. Ce terme générique regroupe quatre espèces principales : le génépi vrai ou artemisia glacialis (génépi mâle), le génépi noir ou artemisia spicata (génépi femelle), le génépi blanc ou artemisia mutellina, et enfin le génépi à fleurs laineuses ou artemisia eriantha.

 

Qu’est-ce que le génépi ?

De la famille des armoises, comme l’absinthe, cette plante vivace pousse à partir de 1800 mètres d’altitude et jusqu’à 3000 mètres, en particulier dans les éboulis, les rochers et les moraines des glaciers. Elle mesure entre 5 et 20 cm selon les espèces. Ses fleurs minuscules s’épanouissent au sommet d’une tige velue et soyeuse. Sa floraison s’étend de juillet à août.

Le génépi au fil du temps

Les vertus du génépi

Le génépi jouissait jadis d’une grande réputation dans la médecine populaire. Ses vertus médicinales étaient telles que les montagnards voyaient en elle une sorte de « remède-miracle », dont ils faisaient moult usages. En liqueur ou en infusion, le génépi, favorisant la sudation, était employé pour combattre la fièvre, lutter contre les états grippaux, les inflammations, les phlegmasies (angines) de poitrine et les coups de fatigue. Il passait aussi pour un excellent expectorant et un puissant digestif – au sens de favorisant la digestion ! Il soignait contusions, plaies et autres fractures.

Dans le Piémont, on l’appelle d’ailleurs erba alla rotta, « l’herbe aux fractures ». Et sans parler de celui des Chartreux, les herboristes l’utilisaient dans la composition de très nombreux élixirs, auréolés de mille vertus.

En 1807, la réclame d’un pharmacien encensait un tel « breuvage talismanique » !

 

Des vertus approuvées par les scientifiques

Ces propriétés ne relèvent pas du « remède de grand-mère » à l’efficacité douteuse mais ont été depuis longtemps validées par les hommes de sciences. Le génépi « possède les qualités toniques, emménagogues, stomachiques, fébrifuges (Emménagogue qui stimule le flux sanguin dans la région pelvienne et l’utérus ; stomachique : qui stimule l’appétit ; fébrifuge : qui diminue la fièvre) et excitantes des Artemisia, lit-on dans Le dictionnaire universel de matière médicale et de thérapeutique générale de 1837. Il « est estimé comme le vulnéraire (qui guérit les blessures, les plaies) le plus puissant que l’on connaisse dans ces régions (de montagne). »

 

Tout savoir sur la liqueur de génépi

Connue dès le moyen-âge, la liqueur de génépi, obtenue par macération des brins dans de l’alcool, fut longtemps portée par les moines. À l’exemple de la liqueur de Chartreuse, c’est à partir du XIXe siècle qu’elle sort de l’armoire à pharmacie pour devenir un digestif apprécié. Sa consommation est favorisée par la création de distilleries artisanales. Il semblerait que la première liqueur de génépi a été commercialisée par la distillerie iséroise Meunier dès 1809.

 

La fameuse tradition : Après le ski, le génépi !

Longtemps cantonné aux départements alpins, le génépi doit attendre la seconde moitié du XXe siècle pour acquérir sa notoriété. C’est le développement des sports d’hiver qui a fait connaître cette petite plante de montagnes aux « étrangers ». Proposée dans les bars et restaurants, la liqueur à la douce couleur jaune a séduit les touristes au point de devenir un produit emblématique des Alpes. Outre la liqueur, le génépi se décline désormais dans de nombreuses préparations – cocktails, glaces…

 

Où trouve-t-on la plante de génépi ?

Les distilleries artisanales ont pour l’essentiel recours à des cultures domestiques pour alimenter leur production. Des recherches conduites par le Conservatoire Botanique National Alpin ont permis de cultiver le génépi à des altitudes moins élevées sans nuire à sa richesse aromatique.

En pleine nature, la cueillette de cette plante rare et fragile est aujourd’hui souvent réglementée, quand elle n’est pas toujours interdite – dans le parc national de la Vanoise par exemple.

Dans les secteurs où elle est autorisée, il est demandé aux cueilleurs de se limiter à quelques dizaines de brins par personne afin de préserver la ressource. Il est mêmement recommandé de sectionner la tige et non de l’arracher pour ne pas abîmer les racines. Ces précautions ne sont, hélas, pas toujours respectées.

 

Comment fabriquer la liqueur de génépi ?

À en croire un vieil adage populaire, la recette du génépi « maison » se résume à une formule suivante : « 40 brins, 40 sucres, 40 jours » ! En réalité, à chacun d’expérimenter selon ses goûts.

À déguster avec modération, évidemment !

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