Les métiers d’antan

Définitions d’expressions du Dauphiné extraites
du Petit Dictionnaire des Expressions Dauphinoises illustrées

La caractéristique commune à toutes les activités décrites ci-après réside dans leur mode d’exercice. L’artisan, l’ouvrier, le commerçant se déplacent le plus souvent jusque chez le client pour exercer leurs art  et réaliser la tâche demandée à domicile.

On est aujourd’hui dans une configuration plutôt inverse où, si l’on veut faire effectuer une réparation, il faut transporter l’objet chez le réparateur. Je ne parle même pas de la « maintenance virtuelle » qui nécessite d’avoir un bon forfait téléphonique pour bavarder à distance avec le réparateur (cela vaut surtout pour les installations électroniques, genre ordinateur ou téléphonie). Bref, le contact humain ne passe plus, dans ce cas, que par une voix anonyme, parfois robotisée ou teintée d’un fort accent car le « central téléphonique » a été installé à l’étranger !

On n’imagine même donc plus ce que peut être une rencontre d’homme à homme avec lequel on pourra trinquer quand le travail aura été réalisé…

Ce « service à domicile » paraissait évident et obligatoire dans la mesure où les habitants des campagnes se déplaçaient peu, faute de moyens de locomotion efficaces (véhicules à moteur, transports en commun).

À titre d’exemple, j’ai connu des paysans dont la sortie annuelle unique était la grande foire de la ville voisine distante de quinze kilomètres. On s’y rendait à pied en conduisant éventuellement des bêtes pour la vente. On en revenait également à pied, mais parfois dans une forme physique atténuée par quelques prises de boissons alcoolisées ! On pouvait utiliser la voiture à cheval si l’on avait la chance d’en posséder une. Dans ce cas, le propriétaire du canasson devait lui faire confiance pour retrouver l’écurie… Et, en général, il la retrouvait !

A cette époque, la distance ne faisait peur à personne et on vivait une période où on savait prendre le temps !

 

Certains de ces « petits » métiers ont perduré mais en ayant évolué.

Liste non exhaustive des petits métiers d’antan …

Ferblantier

Il travaille désormais dans le BTP (Bâtiment et Travaux Publics) et prépare les charpentes avant que le couvreur n’intervienne. Dans les zones de montagne notamment, ce métier ancien est repris désormais par les couvreurs-zingueurs qui installent des toitures en acier galvanisé.

Par le passé, le ferblantier fabriquait et réparait (à domicile) des ustensiles le plus souvent utilisés dans la cuisine (bassines, assiettes, casseroles). Il utilisait le fer-blanc, fer recouvert d’une fine couche d’étain.

 

 

Maréchal-ferrant

Le maréchal-ferrant n’est plus installé sur la place du village. Il se rend auprès des élevages de chevaux (ses désormais seuls « clients ») et chez les propriétaires privés. Autrefois, il avait beaucoup plus de travail, avec les chevaux, certes, mais aussi avec les vaches qui, chez les petits agriculteurs, travaillaient dans les champs (labours, transport de bois, de foin, etc). Leurs sabots étant trop fragiles, il fallait les ferrer.

 

 

Matelassier

Il est plutôt devenu tapissier. Si vous voulez dormir sur un matelas en pure laine et fabriqué artisanalement, vous trouverez encore un artisan qui pourra le réaliser. Par contre, il faudra prévoir un budget conséquent alors que chez nos parents, le matelassier passait une ou deux journées chaque année pour « reprendre » (aérer la laine, réparer les accrocs, changer la toile) de tous les matelas de la maisonnée.

Il se déplaçait avec sa « cardeuse » manuelle pour aérer et nettoyer la laine.

 

 

Rémouleur

Il a quasiment disparu sauf dans l’angle d’un marché où il peut encore exercer ses talents. Lui aussi allait de ferme en ferme avec tout son matériel. Chacun lui confiait ses couteaux et ciseaux contre quelques pièces de monnaie.

 

 

Charron

Le charron peut encore trouver un peu d’activité dans la rénovation de vieilles roues ou dans la création d’objets décoratifs. On est loin du temps où tous les véhicules agricoles (charrettes, tombereaux, brouettes…) ou presque étaient montés avec des roues en bois.

 

 

Pattier

Le pattier était le spécialiste des « pattes », autre façon de nommer les tissus ou tout objet fabriqué avec du tissu, les chiffons, en somme … C’était en effet une sorte de chiffonnier qui récupérait dans les fermes les vieux chiffons et, au-delà, tous les objets « recyclables » et que l’on trouverait facilement aujourd’hui dans les brocantes et vide-greniers.

Il était toujours très intéressé par tout ce qui était ferraille et peaux de lapin séchées.

 

Petits commerces ambulants :

Comme il a déjà été dit, les commerçants ambulants sont largement plus nombreux que les sédentaires. Certains possèdent un petit magasin mais partent régulièrement « en tournée » pour se rendre chez leurs clients.

On trouve à peu près tout ce qui est nécessaire chez ces nouveaux « colporteurs ». On a l’épicier, le boulanger, le boucher-charcutier, le marchand de chaussures, celui qui propose vêtements, lingerie et tissus. On ne voit pratiquement jamais de fromager car tout le monde fabrique son propre fromage avec le lait de ses vaches ou de ses chèvres.

Il en va de même pour le poissonnier : je n’ai pas le souvenir d’en avoir vu. La viande est souvent préférée au poisson qui, fragile, demande des modes de conservation (réfrigérateur, congélateur) dont on ne disposait pas.

 

Et puis, dans les années 1960/70, la voiture comme moyen de transport et de déplacement s’est démocratisée et, près des villes, de grands magasins ont commencé à fleurir. Ces deux phénomènes ont signé la fin du petit commerce ambulant. Celui qui autrefois achetait un pantalon au marchand de vêtements, le trouvait moins cher (moins solide aussi, mais…) en grande surface. Et, au petit commerçant qui passait chez lui, il n’achetait plus que le bouton qui était tombé ou le fil pour le recoudre…

Qui aurait pu, dans ces conditions, continuer à pouvoir vivre de ce métier ?

Retrouvez toutes les Expressions du Dauphiné

Dans le petit dictionnaire illustré

Vous aviez aimé le tome 1 ?! Eh bien voici le tome 2 avec encore plus d’expressions et de bonne humeur !

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