Fleur des Alpes, les Crocus de nos Alpes

Les Crocus de nos Alpes

Le Crocus printanier
Crocus vernus

Plante herbacée et vivace, le crocus a formé ses corolles sous la neige avant de s’épanouir aussitôt après la fonte des neiges, émaillant de blanc nos alpages jusqu’à 2.500 mètres d’altitude.

Il aime le soleil, ouvrant sa fleur au maximum pour attirer les insectes ; il la referme le soir ou par temps couvert.
Cette petite plante bulbeuse d’une dizaine de centimètres porte une seule fleur, rarement deux, à 3 tépales (ou faux-pétales) et 3 pétales, soudés à la base en un tube allongé.

Ses fleurs peuvent être blanches, violettes, ou panachées de blanc et violet. Ses feuilles vertes, fines et dressées, à bords enroulés, ont une forte nervure centrale, blanche sur le dessus. Fleurs et feuilles sortent d’une gaine fine comme « du papier à cigarette » blanchâtre qui monte assez haut sur la tige.
Sa corolle renferme trois étamines et un pistil orange plus court que les pétales.

Les racines blanches sont abondantes sous l’oignon qui se situe à une quinzaine de centimètres de profondeur. Cette sorte de « bulbe » bien particulier, appelé cormus, ne fleurit qu’une fois : un autre pousse au-dessus de lui et le remplacera l’année suivante.

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Le Crocus d’automne
Crocus sativus

Cette variété est différente de la précédente : sa période de floraison tout d’abord : entre septembre et novembre ; sa taille plus grande, la couleur plus violette de ses fleurs qui peuvent être à 2 ou 3 sur le même pied. Ses stigmates rouge-orangé, plus hauts que les pétales, se penchent en longs filaments par-dessus la corolle. Le nom crocus vient d’ailleurs du grec krokos qui signifie filament.

Sa floraison s’étale sur 3-4 semaines, entre octobre et novembre. Ses fleurs ne vivent qu’un jour. Puis, jusqu’en mai, poussent ses racines et ses feuilles. Ensuite, les feuilles sèchent et la plante va se mettre en sommeil jusqu’en automne où elle refleurira.

Cette sorte de crocus n’est autre que celui qui fournit le safran. On recueille ses précieux stigmates, longs et très fins, orange foncé ; ils se situent à l’extrémité du pistil et seuls ces trois stigmates étaient utilisés. On sait qu’il fut cultivé autrefois en Maurienne, en Tarentaise, en Haute-Savoie. On pense que des « oignons » de cette plante originaire d’Orient auraient été laissés par des voyageurs passant par les cols de nos montagnes, ou rapportés des Croisades…

Toujours est-il que de nombreux plats ou gâteaux traditionnels savoyards comportent du safran. Citons les bescoins, ces gâteaux à pâte safranée, confectionnés par les boulangers pour les vogues et certaines fêtes religieuses (une de nos lectrices nous a raconté que le boulanger de Rumilly les fabriquait en forme de poissons – gros et petits), le farçon tarin, le farcement de La Giettaz, des liqueurs célèbres, etc.

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Le Colchique de la famille des Liliacées
Colchicum autumnale et Crocus alpinum

Syn. Faux-safran, tue-renards, coeille-de-leû

Les crocus ne doivent pas être confondus avec les colchiques qui lui ressemblent en effet, tant par la forme que par la couleur mauve. La différence essentielle réside dans le nombre des étamines de leurs fleurs : 6 chez le colchique, 3 chez le crocus.

Ces fleurs apparaissent en automne, sans feuille, au sommet d’un « tube » blanc et droit sortant directement du sol, et peuvent atteindre 15 cm de hauteur, pour le colchicum automnale, le plus courant, mais seulement 7 cm pour le colchicum alpinum (d’où la confusion avec le crocus).

Au printemps suivant, poussent en touffes vertes des feuilles larges, lisses et brillantes, de 30 cm de haut. À leur intersection, se développe un fruit en capsule ressemblant à une noix et renfermant les graines.

Toutes les parties du colchique sont très vénéneuses. Elles renferment de la colchicine, substance utilisée par la Médecine à des fins thérapeutiques particulièrement intéressantes, dans lutte contre le cancer notamment.

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